Se masturber…

Lorsque je discute avec des amis hommes de mes difficultés à trouver l’orgasme, la plupart me conseillent de m’entraîner, et donc de me masturber. Cela m’a toujours un peu laissée perplexe. J’ai déjà vu sur internet des vidéos de filles se masturbant avec motivation et sans crainte aucune, écartant les jambes et caressant leur clitoris plus ou moins vigoureusement. Personnellement je n’éprouve pas réellement de plaisir à faire cela. Cela ne me fait pas spécialement d’effet et cela peut même être un peu désagréable. Alors je ne savais pas trop comment faire.

Or, l’année dernière, j’ai emprunté un livre de Quentin Debray, intitulé La Rencontre amoureuse. Une phrase de cet ouvrage a retenu mon attention. Je ne m’en souviens pas mot pour mot, mais j’en retrace ici l’idée générale. Selon lui, certaines femmes pouvaient avoir bloqué leur accès au plaisir en prenant de mauvaises habitudes dans leur jeunesse, par exemple la mauvaise habitude de se masturber en serrant les jambes. Cette phrase a vraiment fait tilt dans ma tête. En effet lorsque je lisais dans mon lit le soir, la plupart du temps, je mettais une main entre mes jambes et je serrais un peu les cuisses, éprouvant ainsi un certain plaisir.

Suite à cela, je me suis donné le droit d’explorer cette piste, et de me donner du plaisir en quittant l’image stéréotypée des films porno du net de la nana qui se fait jouir et beugle comme un porcinet jambes largement ouvertes pour que la caméra puisse faire tranquillement son zoom. Et je me rends compte que je suis capable de me donner un certain plaisir, et d’aller même jusqu’à une secousse finale, certes, pour le moment pas follement renversante, mais malgré tout très agréable, et qui me détend vraiment.

J’ai cependant le plus développé ma pratique de la masturbation lorsque j’ai commencé le sexe virtuel grâce à facebook, mais ce sera l’occasion d’un prochain article.

PS : Pour ma part, je ne suis pas persuadée que serrer les jambes en se masturbant soit une mauvaise habitude, ou en tout cas si ça l’est, ce n’est pas irrémédiable. Il suffit de se connaître et de savoir comment s’approprier sa sexualité et le kamasutra pour éprouver du plaisir à sa propre façon…

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Femme épanouie, Mieux dans son désir, mieux dans son plaisir. Alain Héril

Le titre de ce livre m’attirait particulièrement. Moi qui avais enterré mes désirs plusieurs années, j’avais bien besoin de les retrouver pour espérer accéder au plaisir.

Ce livre est très riche. Je vais rapidement rappeler ses principaux chapitres avant de revenir sur ce qui m’a touchée moi.

Le premier chapitre se demande « Qu’est-ce qu’une sexualité épanouie ? » Il parle de l’importance de la liberté dans la sexualité, et du fait que cette liberté ne peut se vivre qu’avec un partenaire respectueux. La liberté de fantasmer, de désirer ,de jouir ne se conquiert que dans un espace de confiance. Les freins de la femme sont essentiellement intérieurs et dans l’espace intime de la confiance avec son partenaire, elle peut se libérer et montrer toute sa force érotique.

Le chapitre 2 s’intitule : « Aux sources d’une sexualité épanouie ». Alain Héril parle ici beaucoup de son activité de thérapeute, montrant l’importance de la construction de la personnalité, la confiance en soi, l’image de soi, mais aussi les rapports à l’enfance, à l’image de la mère. Il montre l’impact terrible des abus.

Le chapitre 3 traite des « âges sexuels de la femme ».

Le plus long chapitre est le chapitre 4 qui donne « 7 clés pour s’épanouir sexuellement ».

Le livre se termine sur le chapitre 5 qui titre avec simplicité « Faire l’amour ».

J’ai apprécié de nombreux éléments de ce livre. Tout d’abord, il réhabilite la place des sentiments et des émotions dans l’amour sexuel. Oui, c’est normal d’avoir besoin d’affection pour pouvoir libérer son énergie sexuelle. Avec l’amour, la confiance, l’intimité la femme pourra se révéler une vraie tigresse au lit.

Par ailleurs, il donne beaucoup d’importance à l’imaginaire, au fantasme. Il montre toute la difficulté des femmes d’accepter leurs fantasmes sans se sentir sales, ou vulgaires. Le fantasme est un puissant moteur du désir et par là même du plaisir. Une sous-partie du chapitre 4 s’appelle « Joue avec moi ». Pour ma part, j’adore fantasmer, imaginer des scénarios, faire semblant. Suite à cette lecture, j’ai osé m’abandonner bien plus au fantasme, et c’est je pense ce qui m’a permis d’aborder des relations sexuelles virtuelles avec un désir inégalé dans ma vie jusque là (j’en parlerai dans un futur article).

Enfin, j’ai trouvé dans ce livre l’évocation d’un sentiment que moi aussi je ne pouvais m’empêcher d’avoir : l’impression qu’un rapport sexuel n’était réussi que si l’homme jouissait. Mon plaisir n’avait pas vraiment de « droit » dans la relation sexuelle. Celle-ci se terminait par l’orgasme de l’homme, que j’ai eu du plaisir ou non. Suite à ma rupture, j’ai eu quelques relations passagères. Un soir, l’un d’eux, un homme assez prévenant, m’a demandé si j’avais joui. Sa question m’a agacée, comme si cela n’avait pas d’importance et qu’on n’allait pas m’emmerder à me demander non seulement de faire jouir l’homme, mais aussi de jouir moi !! Cela m’a pris très longtemps pour accepter que mon plaisir à moi pouvait être le but ultime d’un rapport (et parfois mes fantômes reviennent, je culpabilise si mon partenaire affiche pour but mon seul plaisir). L’auteur insiste donc sur l’importance d’apprendre à recevoir, recevoir le plaisir donné par l’autre, gratuitement.

Ce livre n’apporte pas réellement de réponse, puisque de toute façon les réponses ne se trouvent qu’en nous. Mais il peut aider à faire certaines prises de conscience, il alimente la réflexion sur le droit des femmes à la jouissance, il met en confiance, et ouvre la porte à l’expression de ses fantasmes.

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Faire une séance de photos nue

Je ne suis pas en très bon terme avec mon corps. J’aime assez mon visage, sauf mon profil gauche, ni mon cou. J’étais très fière de mes seins et peu à peu je trouve qu’ils tombent. J’avais un joli ventre avec une douce courbe au niveau du nombril et depuis que j’ai vécu en couple, j’ai pris du poids et je ne l’aime plus. Quant à tout ce qui se situe en-dessous du nombril, je ne le considère pas comme m’appartenant…

Comment dès lors trouver du plaisir sexuel lorsque plus de la moitié du corps (et certaines zones quand même cruciales dans un rapport sexuel !) est niée ?

Une des premières décisions que j’ai prises dans mes résolutions d’après-rupture a été de faire des photos de moi, nue. Ce n’est pas grand chose, mais pour moi, c’était énorme.

La séance s’est déroulée en deux fois. D’abord dans le studio du photographe, sur un drap noir. Puis le lendemain dans son appartement.

La séance a été super, surtout grâce à la personnalité du photographe, discret mais aussi rassurant, et de bon conseil sur les poses à adopter par exemple. Il m’a proposé de commencer la séance habillée pour me mettre à l’aise. J’aime beaucoup jouer, me mettre en scène, alors j’ai vraiment pris cette expérience comme l’occasion de m’amuser sans scrupules, de jouer avec l’objectif, de faire ma coquette. C’était très agréable.

Les choses se sont corsées au moment de me déshabiller. Le photographe m’a aidée à nouveau en me proposant un voile avec lequel j’ai pu draper en partie mon corps. Cependant, je suis restée assez crispée, et je n’ai pas retrouvé la même aisance et le même plaisir que lors de la séance habillée. Pourtant j’en avais l’envie, mais me retrouver nue dans ce décor nu… brrrr…

Le lendemain, nous avons continué la séance chez lui, pour faire des photos qu’il appelle de « vie quotidienne ». Et là, je me suis sentie vraiment libérée par rapport à la veille, j’avais à nouveau l’impression de pouvoir jouer. Cela m’a même procuré une certaine excitation, voire une jouissance de pouvoir me montrer, m’exhiber nue dans des positions alanguies . L’espace du quotidien a sans doute fourni à mon mental crispé par des blocages inconscients une excuse nécessaire au lâcher-prise. D’une certaine façon, c’est comme si j’avais été nue chez moi et que par hasard, sans nulle intentionnalité de ma part, un photographe s’était trouvé là. Alors j’ai pu m’allonger sur le canapé, me prélasser sur le tapis, m’asseoir sur un pouf, jambes écartées sans me sentir ni impudique ni ridicule.

En sortant de chez le photographe, je me suis sentie plus sûre de moi, plus indépendante. C’est mon corps, j’en fais ce que je veux, et il est comme il est.

Les photos que j’ai reçues quelques jours plus tard m’ont fait plaisir, mais je crois que ce qui m’a le plus plu c’est vraiment cette expérience de la séance. Je n’ai pas recommencé depuis, mais un jour, pourquoi pas…

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